Prix Maria Nowak de la thèse
Cette année, pour sa première édition, le Prix Maria Nowak a récompensé trois travaux de recherche qui explorent de manière originale les dynamiques de l’entrepreneuriat populaire et ses enjeux contemporains.
Le prix de thèse est décerné à Romain Facchini pour : Être marchande à Marseille : Femmes, commerce et essor économique d’une ville portuaire (milieu XVIIe – 1789).
Résumé de la thèse
Dans un contexte d’essor économique et de recomposition des échanges à l’échelle méditerranéenne et atlantique, cette thèse propose une analyse approfondie de la participation des femmes à l’économie marseillaise entre l’édit d’affranchissement de 1669 et la Révolution. En croisant histoire des femmes et du genre et histoire économique, elle interroge la manière dont les dynamiques marchandes du port et de la ville influencent la place des Marseillaises dans l’activité économique, en prenant pour fil conducteur la figure de la marchande dans toute sa diversité sociale et statutaire. L’objectif est de dépasser une lecture réductrice de la contribution féminine comme travail d’appoint, pour restituer le quotidien des Phocéennes et mettre en lumière leur capacité à initier, transformer ou adapter les pratiques marchandes. L’originalité de cette thèse réside dans son cadre méditerranéen encore peu exploré par l’historiographie, ainsi que la mobilisation d’une large bibliographie internationale.
Interview vidéo de Romain Facchini
Biographie de l’auteur
Romain Facchini est docteur en histoire moderne, chercheur associé au laboratoire TELEMMe (Aix Marseille Université, CNRS) et enseignant d’histoire-géographie dans l’académie d’Aix-Marseille. Ses recherches portent sur l’histoire économique et sociale, ainsi que sur l’histoire des femmes et du genre aux XVIIe et XVIIIe siècles, avec un intérêt particulier pour le travail et l’entrepreneuriat féminin dans les villes portuaires méditerranéennes.
Il s’intéresse notamment aux interactions entre droit, travail et reconnaissance économique, à l’intégration des femmes dans les structures corporatives et à leur rôle dans les circulations marchandes à l’échelle locale et méditerranéenne. Croisant micro-histoire, histoire urbaine et analyse genrée de l’économie, ses travaux mettent en lumière les stratégies, savoir-faire et pratiques des femmes, offrant une nouvelle perspective sur l’entrepreneuriat populaire et sur la participation féminine à la vitalité économique et à la mondialisation des échanges à l’époque moderne.
